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A la fragilité du monde répond la fragilité des corps qui se débattent au bord du vide, sans filet. Tomber à la renverse, dégringoler dans le désordre, se désintégrer dans la matière. Rassurons-nous, tout finit toujours par tomber, les bras, les têtes, les masques, les murs, la nuit. Ne restent alors que les vestiges de ce qui a été debout, mémoire commune de nos luttes, de nos défaites et de nos victoires.

Pour cette invitation à la galerie du Tableau, Agnès Mellon fait tomber ses photos dans la peinture, travaillant une esthétique hybride qui ne laisse transparaître que quelques fragments des photos originales, parfois mélangées à d’autres, comme une mémoire confuse, polie par le temps et fixée dans la matière par un aplat de couleur.

Dans sa pratique artistique, Agnès Mellon utilise la technique du transfert photographique associé à de la peinture sur différents types de support (contreplaqué, plâtre, plomb, forex, etc.).

 

 

Tout peut tomber à tout moment, expo d’Agnès Mellon 

L’artiste parvient, dans le petit espace de la Galerie du Tableau, à donner à voir (et à entendre ; ne partez pas sans écouter la très courte bande audio intitulée « L’Auvergnat marseillais » réalisée par sa complice Chrystèle Bazin) tous les thèmes qu’elle a présentés ces dernières années, tout en se réinventant. Différents types de supports : des aplats de couleurs, des fragments qui deviennent mosaïques (quel travail de patience), une masse au bout d’un fil et un bidon qui penche, de toutes petites photos et de grands formats. Et entre les différents thèmes, il n’y a pas juxtaposition, tout résonne, se tient, nous interpelle. Il est question de la fragilité du monde et des corps, des murs qui s’effondrent et d’autres qui se hissent, des équilibres précaires dans nos têtes, dans nos vies. Mais aussi de liberté, de nos esprits rebelles. Et quel titre… dans ces temps que nous vivons !

Galerie du Tableau, 37 rue sylvabelle, 13006 Marseille.
Du lundi 27 octobre au samedi 8 novembre 2025

Photo#graphie Aline Memmi